Lorsque Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l'écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale.
Malgré les horreurs de la guerre, Léonce reste proche de la nature - décrivant comme personne les paysages, l'Yser, les oiseaux - mais aussi de ses idéaux d'amitié. Le récit de la «guerre de Léonce» se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que «quelque chose» ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S'agit-il d'un faux, d'une retranscription ? Une forme d'enquête historique et littéraire commence...
Lorsque l'autrice retrouve les carnets originaux, elle comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l'absurdité de la guerre, du désespoir, de l'envie de mourir, mais aussi d'une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire. Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l'amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête. "Lequel de nous portera l'autre ?" est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s'entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c'est tout l'art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l'inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.
Violaine Lison a entrepris une tâche littéraire absolument merveilleuse : redonner vie au journal de bord d'un soldat brancardier de la Grande Guerre, Léonce Delaunoy. Ce dernier nous livre, avec une plume profondément sensible, son expérience, son désoeuvrement et la bêtise humaine.
Lu par Lucie M.
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison
Lu par Sophie
Le jour où Suzanne gagne au Loto, elle prend la fuite et achète un manoir en Normandie. Sur le domaine, elle découvre la tombe de sainte Emmerderesse. Avec trois comparses, elle redonne vie à cette sainte aussi puissante qu'insolente et devient son ombre redoutée. Une révolte débridée s'annonce, car la sainte patronne des emmerdes n'épargne personne. "Si l'impuissance fut votre lot et que sur vous l'emportèrent les salauds, ce livre vous vengera". Impertinent et irrésistible, elle nous invite à un vivre-ensemble joyeux et trépidant. Un premier roman corrosif qui se dévore.
Truculent, savoureux, jubilatoire !
Lu par Lucie V.
Depuis qu'il a survécu à une fièvre mortelle, personne n'a vu son visage. Chaque nuit, l'enfant quitte le presbytère où il a été recueilli et s'enfonce dans les bois. Sous la lune, la forêt devient son territoire. Cette vie clandestine le protège du regard des autres. Alors qu'il entre dans l'adolescence, une jeune fille apparaît parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hanté par des haines ancestrales.
Mais elle aussi porte un secret et rêve d'échapper à l'avenir qui lui est promis.
Un récit mêlant lumière et ténèbres, beauté et monstruosité, façonné par l'écriture poétique de Cécile Coulon.
Lu par Lucie M.
Une famille aimante, dans une maison californienne bordée de ginkgos.
Une petite fille, qui apprend qu'elle va bientôt devoir vivre sans sa mère.
Et une mère qui, plus que tout au monde, souhaite les protéger, elle et son frère.
Mais comment aider les gens que l'on aime, envers et contre tout, au-delà de l'absence ? Comment dire ce qui nous attache, et vaincre les aléas du destin ? Comment partager la chaleur qui nous est si nécessaire pour vivre ?
Ce livre est l'histoire d'un coffre, un simple coffre, rempli de lettres intimes et de cadeaux comme autant de pierres protectrices pour grandir, continuer à aimer.
Un superbe témoignage d'amour d'une mère à ses enfants. Tendre, touchant, poignant !
Lu par Eva
« Avant Marie, la vie ressemblait à une errance infinie sur terrain vague, grands espaces et pâle caillasse à balancer du bout du pied vers l'horizon. Certaine de trouver quelque chose de valable au bout du chemin rocailleux, je ne rêvais qu'à cette petite soeur qui viendrait un jour ou l'autre, il ne pouvait en être autrement, embellir les hivers. Au fond, il s'agissait sûrement du désir de conserver l'enfance, paradis perdu et tout l tintouin, acte désespéré contre le temps déployant à toute vitesse ses rides et ses emmerdes.»
Quand Annick leur présente Adama, Alice et ses frères se réjouissent de l'arrivée de ce beau-père au rire flamboyant, bientôt suivie de la naissance de Marie. Mais le bonheur ne dure pas, et chacun se débrouille comme il peut pour survivre au délitement familial.
La plume de Virginie Noar met parfaitement en exergue la complexité, l'instabilité et la violence qui émergent de familles dysfonctionnelles et ses impacts profonds sur un enfant qui brûle et qui gèle à la fois dans des formes instables de développement de soi.
Lu par Lucie M.
On dirait la maison de Tottoro : le "Café Ouchi" est comme un refuge et, comme le dit l'annonce « à 8 minutes à pied de la gare de Kamakura ».
Kara, 46 ans, célibataire taciturne y vit seule. Un jour, sa meilleure amie Mikiko s'invite chez elle à l'improviste et lui propose d'ouvrir une "maison partagée" pour femmes.La maison bourdonnera bientôt des récits de ses locataires à bout de souffle. Elles interrogent les fantômes de leur passé et le sens de leurs espoirs recouverts de silences ; elles partagent leurs savoir-faire autant que le café, entre amertume et douceur des bavardages. Elles apprennent à écouter le chant des oiseaux, d'autres découvrent les currys de palourdes de Kara ou l'art de fabriquer des feuilles de cerisier confites au sel. Pour réapprendre à aimer.
À lire en dégustant un délicieux café de chez Fantastic Biscuits !
Lu par Eva
De plus en plus de personnes décident de mettre leurs amitiés au centre de leurs vies et de politiser cet engagement ; cet essai propose une enquête réfléchie sur ce lien essentiel mais souvent oublié.
L'amitié est souvent considérée comme secondaire, voire futile. Dans nos récits, elle passe souvent au second plan, éclipsée par le couple et la famille une fois la jeunesse passée. Pourtant, pourquoi le couple romantique devrait-il être le seul modèle de relation ?
Aujourd'hui, de plus en plus de personnes choisissent de revendiquer l'amitié, de l'investir pleinement. Elles y trouvent des espaces de joie, de solidarité et de résistance face aux aliénations du patriarcat, du capitalisme et aux défis écologiques. Que ce soit entre hétéros, queers, entre femmes, hommes ou dans des groupes mixtes, nombreux sont ceux qui réinventent, au sein de l'amitié, des façons de militer, de vivre, de consommer et de vieillir ensemble.
À travers des entretiens, des références culturelles, des études sociologiques et des textes philosophiques, Alice Raybaud explore comment l'amitié peut être une force libératrice et émancipatrice. Elle nous invite à redonner à l'amitié la place centrale qu'elle mérite, à la voir non seulement comme un lien intime, mais aussi politique.
Une lecture vraiment rafraichissante et indispensable dans un contexte où la multiplication des soutiens est fondamentale.
Lu par Lucie V.
